Marchés & immobilier : le point sur août 2026

En bref. Août aura été le mois des divergences. La reprise des tensions entre les États-Unis et l’Iran a fait repasser le baril au-dessus de 90 dollars, relançant l’inflation en zone euro et poussant les taux longs à la hausse. Dans ce contexte, Wall Street a signé son meilleur mois d’août depuis 2021, tandis que le CAC 40 a fait exception en Europe, pénalisé par les inquiétudes budgétaires françaises. Côté immobilier, les banques ont reconduit leurs barèmes pour le deuxième mois consécutif.
1 · LES MARCHÉS FINANCIERS
Paris à contre-courant de l’Europe
Le CAC 40 clôture le mois à 8 334,50 points, en repli de 2,06 %, sa première performance mensuelle négative depuis mars et la moins bonne des quatorze grands indices européens suivis. À titre de comparaison, le DAX allemand gagne 2,45
% sur la même période. Cette contre-performance est très spécifiquement française : la baisse s’est concentrée sur les valeurs sensibles à la situation budgétaire de l’État, banques, construction, télécoms, dans un contexte de négociations budgétaires tendues.
Une France sous surveillance
Le taux de l’OAT française à 10 ans a franchi les 4 % dès la mi-août et termine le mois à 4,11 %, contre 3,31 % pour son équivalent allemand : l’écart, ou « spread », atteint environ 80 points de base, au plus haut depuis un an. L’OAT à 30 ans a frôlé les 5 %, un niveau inédit depuis 2008. Bonne nouvelle toutefois : le 28 août, l’agence Fitch a maintenu la note de la France à A+ avec une perspective stable, écartant le scénario d’une dégradation. L’agence relève néanmoins sa prévision de déficit à 5,2 % du PIB pour 2026 et anticipe une dette à 122,7 % du PIB en 2028.
Ce que cela change pour vous : un État qui emprunte plus cher, c’est à terme des conditions de crédit moins favorables pour tous. Mais c’est aussi, à court terme, une rémunération obligataire attractive dont bénéficient les fonds en euros, les fonds datés et les produits structurés.
Wall Street signe son meilleur mois d’août depuis 2021
Le contraste est saisissant avec les États-Unis. Le S&P 500 progresse de 2,7 % et le Nasdaq 100 de 4,2 %, leur première hausse mensuelle depuis mai et le meilleur mois d’août depuis 2021. Le rebond a été mené par la technologie et les grandes valeurs de croissance, après la correction de juillet. Surtout, le secteur de l’énergie s’envole de 7 % sur le mois et affiche +44,2 % depuis le 1er janvier, soit près du double de tout autre secteur de l’indice, porté par la flambée du pétrole.
À retenir : en deux mois, les hiérarchies se sont inversées deux fois. C’est exactement pour cela qu’une allocation doit être diversifiée et pensée sur plusieurs années, plutôt qu’ajustée au gré des mois.
L’inflation repart, les banques centrales durcissent le ton
La reprise des hostilités autour du détroit d’Ormuz a fait remonter le Brent au-dessus de 90 dollars (90,49 $ le 31 août). Conséquence directe : l’inflation en zone euro remonte à 3,3 % en août, contre 2,9 % en juillet, son plus haut niveau depuis trois ans. Ce n’est pas le panier alimentaire qui est en cause, mais bien la facture énergétique. Le compte rendu de la réunion de juillet de la BCE, publié le 27 août, indique qu’une nouvelle hausse de taux sera probablement nécessaire ; le marché anticipe désormais largement un relèvement dès septembre. Aux États-Unis, le discours de Kevin Warsh à Jackson Hole le 28 août a également insisté sur les risques inflationnistes.
2 · LE MARCHÉ IMMOBILIER
Des barèmes de crédit reconduits
Pour le deuxième mois consécutif, les banques ont reconduit leurs grilles de taux, malgré la tension sur l’OAT. Les barèmes moyens s’établissent autour de 3,16 % sur 15 ans, 3,31 % sur 20 ans et 3,43 % sur 25 ans hors assurance, les moyennes de marché ressortant un peu plus haut (3,33 % / 3,44 % / 3,52 %). Les meilleurs dossiers obtiennent 2,85 % sur 15 ans, 3,00 % sur 20 ans et 3,25 % sur 25 ans.
Cette stabilité mérite d’être soulignée : les taux de crédit suivent habituellement l’OAT avec quelques semaines de décalage. Les banques ont ici absorbé une partie de la hausse sur leurs marges pour préserver leurs volumes. Cet effort a ses limites : une remontée des barèmes à l’automne n’est pas à exclure. Autre enseignement : l’écart entre le taux affiché en agence et le meilleur taux négocié peut atteindre 60 points de base sur 25 ans, soit plusieurs milliers d’euros sur la durée du prêt. La négociation, ou le recours à un intermédiaire, n’a jamais été aussi rentable.
Un marché qui se rééquilibre
Les derniers chiffres des Notaires de France confirment la tendance : 949 000 transactions sur douze mois, en progression de 5,7 % sur un an, mais avec un rythme de croissance qui s’assagit nettement. Côté prix, les projections issues des avant-contrats dessinent un léger repli, de 0 % à fin mai à −0,6 % sur un an à fin juillet, tiré vers le bas par les maisons. Les appartements anciens progressent de 0,6 % sur un an quand les maisons reculent de 0,2 %. L’Île-de-France se distingue avec une troisième hausse trimestrielle consécutive (+0,6 % au 1er trimestre).
Concrètement : le marché n’est plus celui de 2021, ni celui de 2023. Les biens de qualité, bien situés et correctement estimés se vendent dans des délais normaux ; les autres subissent la négociation. Pour un acquéreur disposant d’un bon dossier, la fenêtre reste favorable.
3 · CE QUE CELA SIGNIFIE POUR VOTRE ÉPARGNE
- L’inflation est repartie à 3,3 %, et votre Livret A rapporte 1,70 %. L’écart s’est creusé. L’épargne de précaution reste nécessaire, mais au-delà de quelques mois de dépenses, elle perd désormais du pouvoir d’achat chaque mois.
- Les taux longs élevés sont une opportunité pour l’épargnant prudent. Avec une OAT au-delà de 4 %, les fonds obligataires datés, les obligations à échéance et les produits structurés offrent des perspectives de rendement que l’on n’avait plus vues depuis quinze ans. C’est le principal sujet à examiner cet automne.
- Les fonds en euros vont continuer de se redresser. La remontée des rendements obligataires alimente progressivement leur revalorisation, avec de très fortes disparités entre contrats : c’est le moment de vérifier ce que sert réellement le vôtre.
- La diversification internationale a payé en août. Un portefeuille exclusivement exposé aux actions françaises a perdu 2 %, là où une allocation intégrant les États-Unis, l’Allemagne ou l’énergie a progressé. La concentration sur un seul pays est un risque en soi.
- L’or reste un stabilisateur. Après une correction en début d’été, le métal jaune a nettement rebondi en août, autour de 4 600 dollars l’once. À dose mesurée, il continue de jouer son rôle d’amortisseur en période de tensions géopolitiques.
- Attention au risque « France » dans votre patrimoine. Beaucoup de patrimoines cumulent une résidence principale en France, de l’immobilier locatif français, des actions françaises et des fonds en euros investis en dette d’État française. C’est un point qui mérite d’être regardé.
PARLONS-EN
La rentrée est un bon moment pour faire le point. Entre la probable hausse des taux de la BCE en septembre, les arbitrages budgétaires à venir et les fenêtres offertes par le marché obligataire, plusieurs sujets méritent d’être examinés à la lumière de votre situation : vos projets, votre horizon, votre fiscalité et votre tolérance au risque.
Pour faire le point sur votre allocation, étudier un projet ou simplement échanger sur ces sujets, n’hésitez pas à nous contacter afin de convenir d’un rendez-vous, au cabinet ou en visioconférence.
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